Récupération des textiles : du modèle de recettes au modèle de service ?

Il ne fait plus aucun doute que le coronavirus a un impact énorme sur notre économie et notre société. Presque tous les secteurs sont touchés par la crise COVID-19 et le secteur du textile ne fait pas exception. Mais cela va plus loin, les conséquences de la crise révèlent un problème plus structurel pour ce secteur.

Le secteur de la récupération du textile est un secteur bien établi dans notre pays. Grâce à un vaste réseau de conteneurs placés dans les rues et de parcs à conteneurs, le secteur belge collecte chaque année près de 120 000 tonnes de vêtements, dont environ 40 000 tonnes proviennent de l'étranger. Aujourd'hui, le secteur paie des redevances aux communes et aux intercommunales, qui à leur tour remplissent leur obligation de collecter les textiles de manière sélective. 

Après la collecte, les textiles sont triés pour être réutilisés ou recyclés. On estime que la moitié des textiles collectés sont vendus sur le marché mondial d'occasion. Les textiles restants qui sont trop endommagés pour être vendus comme vêtements sont recyclés en chiffons et fibres de nettoyage. De cette manière, l'industrie évite que ces textiles soient incinérés ou finissent dans des décharges. Ainsi, 90 % des textiles collectés sont soit réutilisés, soit recyclés.

Un secteur sous pression

Le fait que ce système soit autonome est principalement dû à la vente de vêtements de seconde main. Cette étape permet de financer la quasi-totalité du système : du tri de tous les textiles collectés au traitement des déchets résiduels et des substances interférentes entre les textiles. En effet, les recettes du recyclage des textiles de moindre valeur sont très limitées, voire négatives.

Cependant, ces dernières années, les revenus des ventes sur le marché d'occasion ont diminué. Cela s'explique en partie par la popularité croissante de la fast fashion : des vêtements bon marché en textile de qualité médiocre et de courte durée de vie. La qualité inférieure est souvent due aux mélanges de différents tissus à partir desquels ces vêtements sont fabriqués. Le coton ou d'autres fibres de haute qualité sont mélangés à des fibres synthétiques moins chères afin de réduire les coûts. Et aussi pour encourager les consommateurs à acheter de nouveaux vêtements plusieurs fois par saison.

Outre l'impact environnemental plus important et les conditions de travail souvent misérables, la fast fashion augmente également la pression sur le secteur de la récupération du textile. Comme la fast fashion s'épuise plus vite, les vêtements ne sont souvent plus adaptés au marché d'occasion. Et pour couronner le tout, les mélanges de différents tissus rendent également les vêtements moins recyclables.

Comment sortir le secteur de cette crise ?

Des efforts à court et à long terme sont nécessaires pour y répondre. 

À court terme, une réduction des primes que les collecteurs doivent payer aux communes et aux associations intercommunales peut réduire les coûts. Cette approche a déjà prouvé son utilité aux Pays-Bas, où le gouvernement a demandé aux communes de réduire les primes pendant cette crise. En outre, les entreprises de triage textile devraient pouvoir bénéficier également d'entrepôts supplémentaires, où elles pourraient stocker leurs stocks accumulés en toute sécurité. 

En ce qui concerne les problèmes structurels, le passage d'un modèle de recettes à un modèle de services sera finalement inévitable. Le secteur de la récupération du textile en est également conscient. Ils souhaitent donc se mettre autour de la table pour donner forme à ce changement. Il est important de travailler à la création d'un marché de valeur pour les textiles recyclés. L'imposition d'un contenu recyclé obligatoire, d'objectifs de recyclage pour la réutilisation et le recyclage des matériaux, ainsi que les investissements technologiques nécessaires sont indispensables pour le secteur. Enfin, la collecte illégale doit également être freinée autant que possible, afin que le cherry picking et le tri de qualité inférieure appartiennent au passé. 

En Flandre, l'OVAM est déjà prête à écouter et une première table ronde a été organisée. Nous espérons avoir déjà commencé la précieuse conversion du secteur de la récupération du textile.

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